Nous joindre
National

Jour 37: les attaques fusent entre les chefs de parti à l'approche du vote

Jour 37: les attaques fusent entre les chefs de parti à l'approche du vote
Photo: La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — À moins de 72 heures du vote, les appels auprès des électeurs et les attaques entre les chefs ont fusé de toutes parts vendredi.

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a appelé les Québécois à lui donner la balance du pouvoir lors de son bilan de campagne.

«Je demande aux Québécois de me donner la balance du pouvoir pour nous permettre, à mon équipe et à moi, d’être le chien de garde des contribuables québécois», a-t-il déclaré en point de presse.

Pour l'occasion, M. Duhaime avait convié les médias devant un garage où deux autobus étaient garés. L’un des véhicules arborait une pancarte du «oui» et l’autre, une pancarte du «non».

Dans une mise en scène, le chef conservateur et la candidate Maïté Blanchette Vézina ont fermé la porte du garage en promettant que les autobus d’une éventuelle campagne référendaire n’en sortiraient pas.

L'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) dans la rédaction du livre qu'il a publié juste avant le début de la campagne a toutefois rattrapé M. Duhaime au cours de ce point de presse.

Le «Journal de Montréal» a rapporté que son dernier livre, «Destination Autonomie», a été rédigé à 62 % par l'IA, selon l'outil de détection Pangram.

Le chef conservateur a reconnu l'utilisation de l'IA, tout en assurant que les idées viennent de lui.

«Je l’ai dit, depuis le début de la campagne, que l'IA, pour nous, c'est important. Ça fait partie d'une réalité. Et cela étant dit, il faut que ça soit fait sous contrôle humain», a-t-il expliqué.

La Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) sont passés en mode attaque, au 37e jour de la campagne électorale.

Le ministre sortant des Finances, Eric Girard, y est allé d'une mise en garde contre l'élection du Parti québécois (PQ) et la tenue d'un référendum sur l'indépendance du Québec.

Selon le candidat caquiste, l'arrivée de Paul St-Pierre Plamondon comme premier ministre serait synonyme du «déclin de l’économie» et d’un «repli sur soi». Il appelle les électeurs à faire «le bon choix» le 5 octobre.

«Lundi, vous décidez de l’avenir de nos enfants», a-t-il lancé en point de presse aux côtés de sa cheffe, Christine Fréchette.

Le chef péquiste a qualifié ces attaques de «caricaturales».

«Plus la campagne de peur de chacun de nos adversaires s'intensifie au cours des derniers jours, plus elle perd en crédibilité. À un moment donné, trop c'est comme pas assez», a lancé M. St-Pierre Plamondon.

Un «duel» entre libéraux et péquistes?

Le chef du PLQ, Charles Millard, s'en est pris à la fois à la CAQ et au PQ. Devant des militants à Boucherville, en Montérégie, il a affirmé que «la CAQ, c'est "game over"».

M. Milliard a dit croire en un «duel» entre sa formation politique et le PQ. Il soupçonne par ailleurs son adversaire péquiste de préparer trois, quatre ans de chicanes avec Ottawa, tout le contraire de ce dont les Québécois ont besoin, selon lui.

«Mardi, on a besoin d'un premier ministre économique et non d'un premier ministre polémique qui cherche constamment la chicane», a affirmé le chef libéral.

Il y est aussi allé d'une métaphore pour distinguer les différentes options politiques.

«La CAQ a fait la chaise vide. M. St-Pierre Plamondon, lui, veut enlever la chaise, nous on veut être assis, on veut jouer un premier rôle au sein de la fédération canadienne», a dit M. Milliard.

Le chef du PQ a promis vendredi d'être le premier ministre de tous les Québécois s'il est porté au pouvoir.

M. St-Pierre Plamondon a affirmé qu'une fois la campagne terminée, s'il est élu à la tête d'un gouvernement, il gouvernera pour tout le monde, même ceux qui n'ont pas voté pour lui.

«Dans ma tête, c'est très clair qu'une fois que l'élection est terminée, si les gens te donnent le mandat d'être premier ministre, on a l'obligation morale d'être le premier ministre d'absolument tout le monde», a-t-il soutenu en conférence de presse.

Des mesures pour les familles

De son côté, la porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a ciblé les familles dans ce sprint final de la campagne. Elle a rappelé une série de mesures que le parti voudrait mettre en œuvre pour les aider.

QS compte rehausser les allocations famille de 200 $ de plus par enfant, créer 30 000 nouvelles places en Centres de la petite enfance (CPE), étendre le Régime québécois d’assurance parentale pour que les pères puissent obtenir cinq semaines de congé supplémentaires, offrir des dîners scolaires aux enfants et mettre en place l'achat groupé de fournitures scolaires pour en assurer la gratuité.

Plus tard dans la journée, Mme Ghazal s'est arrêtée à Trois-Rivières pour donner son appui aux travailleurs de Siemens et annoncer l’intention de son parti d’interdire les lock-out.

Le lock-out, «c’est une pratique d’un autre âge», a-t-elle dénoncé. «Les conflits de travail, ça ne se règle pas en disant aux gens de sortir de l‘usine et en les mettant à genou, et dans une précarité financière», a soutenu Mme Ghazal.

La cheffe solidaire était alors de passage dans la circonscription de sa rivale caquiste. Vendredi, Christine Fréchette a affirmé qu’elle compte rester cheffe de la CAQ, même si elle est défaite dans Trois-Rivières.

«Je vais rester là. (...) C’est mon poste et je vais m’y investir», a-t-elle dit, vendredi, en entrevue à l’émission «Toujours le matin» à Radio-Canada Mauricie–Centre-du-Québec.

Selon l’agrégateur de sondages Qc125, la cheffe caquiste est en danger dans son comté, étant devancée par le candidat péquiste, Jean Pellerin.

Mme Fréchette s’est aussi engagée, si elle gagne dans Trois-Rivières, à rester députée même si la CAQ ne forme pas le gouvernement.

«Mon engagement, d’abord avant tout, il est pour les gens de Trois-Rivières», a-t-elle soutenu.

Le jour du scrutin aura lieu lundi. Les bureaux de vote seront ouverts de 9 h 30 à 20 h.

— Avec des informations de Stéphane Blais, Thomas Laberge, Caroline Plante et Patrice Bergeron de La Presse Canadienne

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne