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La défense du français au Québec thème central au dixième jour de la campagne

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1 avril 2025
La Presse Canadienne, 2024
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Par La Presse Canadienne, 2024

MONTRÉAL — La loi 96 sur le français au Québec s'est de nouveau immiscée dans la campagne électorale fédérale, au lendemain du dépôt d'un rapport de Washington, qui présente la législation du gouvernement Legault comme un obstacle au commerce extérieur.

Les chefs des principaux partis se sont rangés derrière la loi, mardi, soutenant que celle-ci ne devrait pas se retrouver sur la table d'éventuelles négociations avec l'administration de Donald Trump.

Dans un document sur les barrières commerciales étrangères, le Bureau du représentant américain au commerce a dans sa mire la loi 96, considérée comme une mesure protectionniste. Il évoque notamment la traduction obligatoire en français des termes génériques de la marque de commerce, une des dispositions de la réforme de Charte de la langue française adoptée en 2022.

De passage à Winnipeg, au Manitoba, le chef libéral Mark Carney a assuré que si le Parti libéral du Canada (PLC) reprend la tête du pays le 28 avril, «nous ne serons jamais en négociation avec les États-Unis sur la langue française, la culture et la gestion de l’offre».

Malgré ce plaidoyer, il a essuyé les critiques de ses adversaires. Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, ne fait pas confiance à M. Carney, pointant que ce dernier a fait savoir qu'un futur gouvernement libéral interviendrait à la Cour suprême du Canada dans toute contestation éventuelle de la loi 96.

Et comme les États-Unis sont contre la promotion du français, le président américain et le chef libéral sont «des alliés objectifs» et partagent la même position, estime M. Blanchet. Le conservateur Pierre Poilievre a écrit sur le réseau social X que «Mark Carney et Donald Trump sont unis dans leur opposition à la protection de la langue française».

Singh prévient Legault

Si le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a aussi promis de défendre bec et ongles la loi 96, il a toutefois lancé une mise en garde au premier ministre François Legault contre la place du privé en santé.

M. Singh a déclaré qu'à un moment où le système de santé au Québec «en arrache» comme ailleurs au pays, «ce n’est pas le temps de couper et de privatiser». Le chef néo-démocrate a évoqué qu'il ne resterait pas «les bras croisés quand on fait quelque chose qui fait mal aux Québécois et Québécoises».

À Edmonton, en Alberta, pour le dixième jour de la campagne électorale, M. Singh a présenté des engagements sur le dossier de la santé. Il a promis de sévir contre les cliniques qui facturent les Canadiens pour des services de base, en plus de s'engager à s'en prendre aux provinces qui prônent la privatisation des services de santé.

Les provinces devront appliquer pleinement les normes du système de santé public, si elles veulent toucher l'argent du fédéral, a mentionné M. Singh.

Au Bloc québécois, l'annonce du jour a porté sur l'industrie des pêches. En Gaspésie, M. Blanchet a réclamé une réforme complète de ce secteur, qui est trop politisé par le fédéral selon lui. Ottawa devrait mettre sur pied une agence indépendante chargée de la gestion des stocks, des permis et des quotas, demandent les bloquistes. Le parti réclame aussi de nouvelles «chasses et pêches durables», notamment au sébaste ou au phoque.

Le Parti conservateur du Canada a de nouveau abordé le dossier énergétique, mardi matin. Le chef Pierre Poilievre veut que le pays exploite et vende ses ressources naturelles pour être moins dépendant des États-Unis.

À Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, il a énoncé cinq étapes à son plan, dont l'abrogation de la loi libérale C-69, sur l'encadrement du secteur énergétique, qu'il décrit comme la «loi anti-pipeline», et l'imposition d'un délai maximal de six mois pour les approbations de projets.

M. Poilievre propose aussi d'éliminer le plafond énergétique, de supprimer la taxe industrielle sur le carbone, et de garantir des prêts aux Premières Nations.

Pour sa part, le PLC et M. Carney ont remis de l'avant des engagements annoncés dernièrement pour réduire le coût de la vie. Ceux-ci comprennent, entre autres, une baisse d'impôt, l'élimination de la taxe sur les produits et services (TPS) pour les acheteurs d’une première maison d’une valeur d'un million de dollar ou moins, ainsi que l'élargissement de couverture de l’assurance dentaire aux Canadiens âgés de 18 à 64 ans.

M. Carney a aussi rappelé l'entrée en vigueur, mardi, de l'abolition de la tarification fédérale sur le carbone pour les consommateurs, permettant aux automobilistes d'économiser sur le prix de l'essence, sauf au Québec qui compte toujours sur son système de tarification du carbone.

Mettre fin à la «taxe carbone» pour les consommateurs est le premier geste que M. Carney a posé lorsqu'il est devenu premier ministre à la mi-mars.

— Avec des informations de Patrice Bergeron et d'Helen Moka

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne