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Sur mon rêve, un soleil règne

Grâce à son interprétation du classique O Sole Mio, le Contrecœurois Robert Lussier a été proclamé grand gagnant de la finale régionale, volet Montérégie, du quatrième concours Étoile des aînés. Il devra défendre son titre à l'automne prochain lors de la finale québécoise.

Bien qu'il ait passé une bonne partie de sa vie dans son habit de pompier, c'est avec confiance et bonheur qu'il revêt celui de chanteur. D'ailleurs, ce passionné de chant attendait avec hâte d'avoir 65 ans afin de pouvoir participer à ce concours de talents musicaux. Il faut aussi dire qu'avec O Sole Mio, il était en terrain connu.

« C'est une chanson que tout le monde connait, lance-t-il, mais c'est surtout la première chanson que j'ai chantée à neuf ans à la radio. »

Le jeune garçon se fait alors connaitre grâce à ses interprétations de Vierge Marie et de la pièce Le Marchand de bonheur, lesquelles avaient alors conquis les juges d'un concours qui se déroulait dans le sous-sol de l'église Saint-Pierre-Apôtre de Montréal. « J'avais gagné un premier prix », se souvient-il.

À cette époque, sa mère – qui chante comme Édith Piaf – l'amène aussi à se produire à l'émission Vive la Vie sur les ondes de la radio de CKVL. Puis, à 11 ans, il est invité à chanter O Sole Mio à l’émission Télé-Métro, un talk-show de début de soirée animé par Jacques Desbaillets et Claude Séguin.

« À cause de retards dans le déroulement de l'émission, je n'ai jamais pu finir ma chanson. Je me suis dit que, des années plus tard, j'allais enfin pouvoir la chanter au complet! » explique-t-il. Le chanteur a présenté aux juges du concours Étoile des aînés, le 22 mai dernier, une version en français et en italien.

Si le chant était pour le jeune Robert Lussier un loisir, il est devenu, un peu malgré lui, un gagne-pain. « Mon père a été victime d'une thrombose coronaire (infarctus), puis il a dû être amputé d'une jambe. Il avait 39 ans, sept enfants sous son toit. Il n'y avait pas de pension à l'époque. On n'avait pas d'argent. Mes frères et moi avons alors monté un petit groupe, Les Pironets », dit-il.

Les jeunes hommes décrochent alors des contrats dans les cabarets et les bars avec Jean Simon et Tante Pauline. « C'était dans le temps des Classels, des Baronets. J'avais 14 ans, on nous bookait dans cinq clubs durant la même journée. Ça nous donnait 5 $ par spectacle. Avec cet argent, ma mère pouvait acheter à manger. Les propriétaires de clubs nous aimaient », rigole-t-il.

Il décroche par la suite un emploi de pompier pour la Ville de Montréal, poste qu'il assurera pendant trente ans. « Mais c'était plus fort que moi, je devais faire de la musique. J'ai chanté dans des noces et même en habit de pompier pour les téléthons », poursuit-il.

Il a été invité à se produire à deux reprises à l'émission Parle parle, jase jase, animée par Réal Giguère à Télé-Métropole, Aux démons du midi, et a toujours continué à œuvrer dans le monde artistique, où il a été comédien au théâtre et dans des films, et même cascadeur.

Aujourd'hui à la retraite, il s'occupe de chevaux à Contrecœur et se produit dans des résidences pour personnes âgées un peu partout au Québec.

On peut visionner la performance de Robert Lussier lors du concours Étoile des aînés de mai dernier : http://www.youtube.com/watch?v=5NoT0xliT0w

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