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Les CPE mettent les bouchées doubles

La moitié des enfants qui font leur entrée dans l'une des écoles de la commission scolaire, dont la plupart sont situées en milieu défavorisé, ont fréquenté un CPE ou garde en milieu familial.
Photo: Archives

La moitié des enfants qui font leur entrée dans l'une des écoles de la commission scolaire, dont la plupart sont situées en milieu défavorisé, ont fréquenté un CPE ou garde en milieu familial.

Les enfants qui ont fréquenté un service de garde (CPE, garderie ou service en milieu familial) sont moins nombreux à ne pas être prêts à commencer l'école, révèle une étude de l'Institut de la statistique du Québec.

D'après la directrice adjointe au service éducatif de la Commission scolaire de Sorel-Tracy, Martine Rondeau, cette statistique n'est pas à prendre au pied de la lettre, dans la région. La moitié des enfants qui font leur entrée dans l'une des écoles de la commission scolaire, dont la plupart sont situées en milieu défavorisé, ont fréquenté un CPE ou un service de garde en milieu familial.

« Ceux qui passent par ces services-là sont peut-être moins vulnérables, mais tout est relatif, mentionne Mme Rondeau. Cela dépend du milieu dans lequel l'enfant est élevé. Les parents sont les premiers agents du développement de l'enfant. »

Un avis que James Morgan, éducateur et administrateur au CPE Danahé, à Sorel-Tracy, partage. « Un enfant qui ne va pas à la garderie va être prêt différemment. Le lien émotif avec le parent sera plus solide, donc apprendre sera plus facile. De l'autonomie et de l'estime de soi, on en donne en CPE, mais ce n'est pas comme un parent. »

Il ajoute que le CPE, qui offre le programme de prématernelle, est équipé afin de permettre à l'enfant de se développer dans sa totalité. La motricité, la gestion des émotions, les notions de logique, le langage : tout est passé au peigne fin.

« La plateforme couvre tous les volets et offre une routine stable, ajoute M. Morgan. On a du matériel, les enfants peuvent socialiser et on est sensible à tous les aléas de leur développement. »

De son côté, Lucie Saint-Germain n'est pas surprise des résultats dévoilés par l'étude, elle qui est directrice du CPE Des Marguerites, qui est situé en milieu défavorisé de Sorel-Tracy.

« Tous les CPE font la même chose, c'est-à-dire qu'ils ont des programmes éducatifs élaborés. Ils sont là pour que les enfants soient préparés pour la maternelle », mentionne-t-elle.

Des programmes pour développer le langage aux activités d'éveil, en passant par la participation à des comités et à divers partenariats avec des organismes, le CPE Des Marguerites multiplie les efforts et les moyens pour assurer la meilleure rentrée possible à ses petits mousses.

« Plus ça va, plus certains enfants ont des besoins particuliers. Il y a vraiment du travail à faire, mais on le prend positivement, souligne Mme Saint-Germain. C'est très gratifiant et valorisant. »

Avec l'accord des parents, les éducatrices préparent des documents pour que les professeurs de maternelle connaissent les enfants. « Ce transfert d'information entre le CPE et l'école est bénéfique, car l'école connait les besoins des enfants et peut mettre en place les effectifs nécessaires », indique la directrice du CPE Des Marguerites.

Cette dernière ajoute que le lien avec les parents n'est surtout pas à négliger. « On essaie de former une famille avec eux, d'élaborer un sentiment de confiance, précise Lucie Saint-Germain. On essaie de leur donner des outils, des exemples pour transposer à la maison.  »

Une idée que Mme Rondeau partage. « Il faut informer et outiller les parents, indique-t-elle. On doit s'assurer d'offrir un bon départ en fonction des apprentissages futurs. »

L'éducateur James Morgan croit qu'il y a malgré tout encore beaucoup à faire. « Il y a de grosses lacunes entre les liens qui devraient unir les milieux scolaires et les CPE. Il faudrait que ce soit inscrit dans la philosophie, qu'il y ait des activités d'intégration scolaire », souligne-t-il.

Selon lui, les portes des écoles devraient s'ouvrir davantage et permettre aux enfants de vivre des expériences avant leur entrée à l'école.

Il précise d'ailleurs qu'il faut aussi aller chercher les enfants qui ne fréquentent pas un CPE, ajoutant que le programme Passe-Partout est bien, mais pas suffisant.

« Les enfants ne sont pas tous prêts à vivre ça, poursuit M. Morgan. Il faut qu'ils puissent vivre quelque chose de positif progressivement avant la rentrée scolaire. C'est un must. »

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